CHOISIR UN·E THÉRAPEUTE : QUELQUES REPÈRES

Choisir un·e thérapeute n’est pas anodin. Nous entamons une thérapie parce que nous avons besoin de soutien pour traverser une période difficile, comprendre ce que nous vivons ou avancer dans notre vie. Cette démarche nous place souvent dans une position de vulnérabilité, ce qui rend essentiel le fait de trouver un cadre de confiance.

Pourtant, il est souvent difficile de s’y retrouver. Les informations sur la manière de travailler des professionnel·les, leurs références théoriques ou leur posture sont parfois peu accessibles. Nous choisissons alors sur recommandation ou au hasard, sans toujours disposer de repères clairs. Voici quelques pistes pour guider ce choix (qui reflètent bien sûr mon propre point de vue personnel et professionnel). 

L'alliance thérapeutique

De nombreuses recherches sur l’efficacité des psychothérapies nous montrent que la qualité de la relation thérapeutique est déterminante, et ce quelle que soit l’approche utilisée.

Pour avancer, nous avons besoin de nous sentir en confiance, respecté·es et en collaboration avec notre thérapeute. L’accompagnement ne repose pas sur un pouvoir mystérieux ou une expertise inaccessible, mais sur une relation de travail claire et engagée. Notre thérapeute n’est pas là pour nous juger ni pour nous imposer des solutions, mais pour nous accompagner à partir de notre demande, de notre rythme et de nos besoins.

Bien sûr, cela peut prendre du temps.

Nous n’avons pas tou·tes les mêmes attentes en thérapie. Certain·es ont besoin d’une présence chaleureuse, d’autres d’humour, d’explications théoriques, de silence, ou au contraire d’être activement questionné·es. Certains aspects identitaires ou relationnels peuvent aussi être importants pour nous. C’est avant tout une relation humaine : notre feeling est important.

Un cadre thérapeutique clair et co-construit

Le cadre thérapeutique correspond à l’ensemble des règles qui organisent l’accompagnement : fréquence des séances, durée, honoraires, modalités de travail. Ce cadre donne des repères et participe à la sécurité de la relation.

Il revient à notre thérapeute de poser et de maintenir ce cadre. De notre côté, nous avons le droit de dire ce qui nous convient ou non. Certaines règles peuvent être ajustées ; d’autres ne nous conviennent pas, et il est alors possible de changer de thérapeute.

Nous ne sommes pas passif·ves dans notre thérapie. Nous pouvons interroger notre thérapeute sur sa façon de travailler, ses choix, ou le sens de ce qui est proposé. Même si tout n’est pas toujours clair, surtout au début, ces questions sont légitimes.

Quelques questions à se poser :

Est-ce que je me sens accueilli·e, écouté·e et cru·e ?

Est-ce que je peux exprimer mes besoins, mes attentes, mes questions, doutes, mes désaccords ?

Est-ce que le·la professionnel·le est capable d’expliquer son parcours, son approche, ses méthodes ?

Est-ce qu’il est possible de réajuster ensemble la relation d’accompagnement ?

Approches, méthodes et outils : comprendre pour mieux choisir

Il existe de nombreuses approches en psychothérapie : psychanalytiques (ou psychodynamiques), humanistes, cognitives et comportementales, systémiques, intégratives, etc. Ces cadres théoriques influencent la vision du changement, la posture du/de la thérapeute et les modalités de suivi.

Les outils utilisés peuvent également varier : entretiens plus ou moins dirigés, association libre, mises en situation, hypnose, EMDR, techniques psycho-corporelles, utilisation de supports ou d’objets, etc. Certains accompagnements sont pensés à court terme, d’autres à plus long cours ; certains engagent le corps, d’autres non.

Il est légitime de se renseigner sur ces éléments et de demander à notre thérapeute d’expliquer avec des mots simples son cadre théorique et les outils utilisés. Il lui appartient d’être transparent·e afin que nous puissions nous engager en toute connaissance de cause.

La formation et le parcours professionnel peuvent aussi être des repères : formation universitaire ou pratique, supervision, formation continue, expérience acquise sur certaines problématiques. Ces éléments ne garantissent pas tout, mais participent à un choix plus éclairé.

Quand la thérapie devient difficile

La thérapie n’est pas toujours confortable. Il arrive de douter, de ressentir de la frustration, d’avoir l’impression de stagner. Ces moments font partie du processus et peuvent être abordés en séance. Le travail thérapeutique prend du temps.

Parce que nos besoins et nos rythmes diffèrent, il est utile d’identifier ce qui se passe pour nous : ce qui nous aide, ce qui nous met en difficulté, ce qui crée de l’inconfort. En thérapie, nous avons le droit :

• de poser des limites, de dire non,

• de poser des questions,

• de faire une pause, de changer le rythme.

Comme dans toute relation saine, nous avons droit au désaccord, au conflit, et à la rupture. Si le cadre ne nous convient pas, si nous ne nous sentons pas en sécurité ou accueilli·es, nous avons le droit de changer de thérapeute.

 

Bien sûr, prendre un premier rendez-vous, essayer plusieurs accompagnements ou changer de thérapeute, ça a un coût. Ce qui parfois nous pousse à poursuivre un suivi qui ne nous convient pas pleinement, simplement parce que nous avons déjà investi du temps, de l’énergie et de l’argent. Même si c’est difficile ou inconfortable, autorisons-nous à quitter une relation qui ne nous convient pas.

Reprendre du pouvoir dans notre parcours de soin

Choisir un·e thérapeute, demander un soutien psychologique, c’est avant tout chercher une relation dans laquelle nous pouvons nous sentir en sécurité, respecté·es et acteur·rices de notre cheminement. Il n’existe pas de méthode universelle ni de professionnel·le parfait·e, mais des rencontres plus ou moins ajustées à nos besoins du moment. 

Nous avons le droit de comprendre, de questionner, d’ajuster et de changer. La thérapie n’est pas un acte de soumission, mais un processus de collaboration, au service de notre autonomie et de notre capacité à avancer.

Quelques ressources

Dispositif Mon Psy (Assurance Maladie): prise en charge partielle de séances chez des psychologues conventionné·es, sur prescription médicale et pour un nombre limité de séances.

Associations spécialisées : certaines associations (aide aux victimes, Planning familial, collectifs communautaires) proposent de l’écoute, du soutien psychologique, des groupes de parole ou des orientations, souvent gratuitement ou à prix libre.

Mutuelles et complémentaires santé : certaines proposent des forfaits de remboursement partiel pour des séances de psychologie.

Centres Médico-Psychologiques (CMP): consultations gratuites avec des professionnel·les du soin psychique (psychiatre, psychologue, infirmier·e). Délais d’attente importants.

Hôpital public et services ambulatoires : consultations prises en charge, suivi en hôpital de jour ou en centre spécialisé selon les situations.